MONTRÉAL, le 6 mars 2015 /CNW Telbec/ - C'est aujourd'hui que s'amorce le processus conduisant à l'élection de quatre représentants de l'industrie du taxi au sein du conseil d'administration du Bureau du taxi de Montréal (BTM).

Le conseil d'administration est constitué de onze membres. Sept de ces membres sont nommés par le conseil d'agglomération et les quatre représentants de l'industrie sont élus par leurs pairs à l'occasion d'un scrutin postal. Un poste est à combler parmi les titulaires de permis de chauffeurs, un autre parmi les titulaires de permis de propriétaire de taxi, un troisième parmi les titulaires de permis de propriétaire de limousine et le dernier parmi les intermédiaires en services de taxi.

Conformément aux lettres patentes du BTM, cette élection est sous la responsabilité du greffier de la Ville de Montréal, Me Yves Saindon, qui agit comme président d'élection et a établi la procédure de mise en candidature et de vote qui se résume ainsi :

  1. envoi postal de l'avis d'élection aux quelque 15 000 électeurs (6 mars);
  2. date de référence pour l'éligibilité d'un candidat et date limite pour recevoir une résolution d'une personne morale désignant son représentant (26 mars);
  3. constitution de la liste électorale définitive (26 mars);
  4. période de mise en candidature (du 20 avril au 2 mai);
  5. date limite pour l'envoi postal des documents de vote aux électeurs (15 mai);
  6. date limite où les bulletins de vote devront être reçus et clôture du scrutin (4 juin);
  7. dépouillement des votes (5 juin).
Les représentants élus entreront en fonction, pour un mandat de deux ans, le 15 juin 2015, soit le deuxième lundi suivant la date de clôture du scrutin.

Qui peut voter ou être candidat?

Un membre de l'industrie inscrit sur la liste électorale (c'est-à-dire le titulaire d'un permis valide) en date du 26 mars 2015 peut voter et être candidat dans sa catégorie de permis. Toute personne inscrite comme électeur dans plus d'une catégorie ne peut se présenter à titre de candidat que pour l'une d'entre elles.

Pour plus de renseignements, les membres de l'industrie peuvent consulter le site web du BTM www.ville.montreal.qc.ca/taxi ou composer le 514 872-TAXI (8294).

SOURCE Ville de Montréal

 Renseignements : Pierre G. Laporte, 514 872-9376

Candidatures reçues


Chauffeurs
Propriétaires de taxi

Propriétaires de limousine

Intermédiaires en services de taxi

 
 
Furieux de la perquisition menée dans ses locaux la semaine dernière, Uber s'adresse à la Cour supérieure pour obtenir une injonction visant à empêcher que soient rendus publics les documents saisis par Revenu Québec.

La requête permet de faire état de tout ce qui a été confisqué par les enquêteurs lors de leur visite et qu'Uber voudrait voir mis sous scellé. Près de 74 cellulaires, 14 ordinateurs, des factures datant de 2014, de nombreux accords signés avec des partenaires, des listes de contacts et d'informations sur les chauffeurs, une clé USB et de nombreux autres rapports.

L'entreprise de service de taxi souhaite que toutes les choses « intangibles », c'est-à-dire le contenu de ce qui a été saisi, soient mises « sous scellé », le temps que les juges rendent leur décision. Uber Canada se plaint aussi que sa réputation a été entachée depuis la perquisition, puisque plusieurs médias ont couvert l'affaire.

Le 14 mai dernier, une vingtaine d'enquêteurs se sont présentés au siège social d'Uber Canada, à Montréal, et y ont saisi différents documents. Revenu Québec s'intéresse à des taxes (TPS et TVQ) qui ne sont pas facturées auprès des clients d'Uber X.

Le mandat de perquisition demandé par Revenu Québec indique qu'il existe des motifs raisonnables de croire qu'entre le 1er janvier 2014 et le 31 mars 2015, « Uber Canada inc. a participé, consenti ou acquiescé à la production de déclarations fausses ou trompeuses, dans des déclarations, rapports, certificats, états, réponses, demandes de remboursement ou autres documents produits ou faits en vertu de la Loi sur la taxe de vente du Québec. »

La loi oblige tous les chauffeurs de taxi du Québec à s'inscrire aux fichiers de la TPS et de la TVQ, et ce, peu importe leurs revenus. Ils doivent payer et déclarer leurs revenus sur une base mensuelle ou trimestrielle.

Présentement, les chauffeurs d'UberX n'ont pas de permis de taxi et Uber n'exige pas qu'ils soient inscrits aux fichiers des taxes. Puisque l'entreprise considère que son rôle se limite à fournir une plateforme technologique aux chauffeurs, elle ne facture pas à ses clients d'UberX les taxes comme la TPS et la TVQ.

Source: lapresse.ca
 
 
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Point de presse de Mme Martine Ouellet, porte-parole de l'opposition officielle en matière de transports, de stratégie maritime et d'électrification des transports

UberX offre un service de type taxi mais, contrairement aux chauffeurs de taxi, il le fait sans le permis d’une valeur de près de 200 000 $, sans payer les taxes ni les impôts, et sans respecter les règlements. Voilà qui explique, en grande partie, pourquoi le service est moins cher. Il s’agit d’une concurrence déloyale pour les chauffeurs de taxi du Québec; le gouvernement doit les protéger.

Source: assnat.qc.ca
 
 
MONTRÉAL, le 20 mai 2015 /CNW Telbec/ - Le maire de Montréal, M. Denis Coderre, et le responsable du transport au comité exécutif et président du Bureau du taxi de Montréal, M. Aref Salem, ont annoncé, lors de la séance hebdomadaire du comité exécutif du 20 mai, la nomination de Mme Linda Marchand à titre de directrice générale du Bureau du taxi de Montréal (BTM).

« Nous sommes très heureux de pouvoir compter sur l'expérience d'une gestionnaire d'expérience pour diriger le Bureau du taxi de Montréal, qui joue un rôle névralgique pour l'économie de Montréal. En cette période de changements, les défis sont nombreux, tant pour le développement de l'industrie du taxi et du transport collectif », a affirmé Denis Coderre, le maire de Montréal.

« Reconnue pour son leadership participatif, l'expérience de Mme Marchand dans le milieu de la construction sera un atout majeur pour le développement du Bureau du Taxi », ajouté M. Aref Salem.

À propos de Mme Linda Marchand
Mme Linda Marchand cumule près de 25 ans d'expérience comme gestionnaire en développement des affaires, développement de projets et de gestion des opérations autant au Canada qu'à l'international. Détentrice d'un MBA de l'UQAM et de l'université Paris Dauphine, elle a occupé d'importants postes de gestion, notamment chez Agri-traçabilité (Québec et Canada) et à l'Association patronale des entreprises en construction du Québec (APEQ).

Celle-ci occupera ses nouvelles fonctions dès le 1er juin 2015, suite à sa nomination au conseil d'agglomération du 28 mai prochain.

À propos du Bureau du taxi de Montréal
Le Bureau du taxi de Montréal (autrefois le Bureau du taxi et du remorquage), créé en 2014, est une société paramunicipale qui permet de développer et d'encadrer les activités de cette industrie et d'améliorer la qualité des services offerts à l'ensemble des clientèles.

La mission du BTM est de développer l'industrie du transport par taxi et par limousine, d'offrir des services à cette industrie, d'encadrer et d'améliorer ce service, la sécurité des chauffeurs et des usagers ainsi que les compétences des chauffeurs. Par ailleurs, comme c'est le cas avec les organismes paramunicipaux, le BTM est soumis au contrôle budgétaire de la Ville.

Pour plus de détails : ville.montreal.qc.ca/taxi

SOURCE Ville de Montréal - Cabinet du maire et du comité exécutif

 Renseignements : Source : Catherine Maurice, attachée de presse, Cabinet du maire et du comité exécutif, 514 346-7598 ; Renseignements : Geneviève Dubé, relationniste, Division des affaires publiques, 514 868-5934
 
 
Des chauffeurs de taxi et Montréal pressent Uber de demander une licence pour devenir une compagnie de taxi en bonne et due forme, pour cesser d'opérer illégalement.

Quelques dizaines de taxis ont bruyamment manifesté leur mécontentement mardi devant l'hôtel de Ville et les bureaux du ministre des Transports, Robert Poëti. Ils demandent plus d'actions des élus contre UberX et pensent qu'Uber doit respecter les règles.

«Au lieu d'entrer par la porte arrière, Uber aurait dû demander une licence. La loi est claire pour faire une compagnie de taxi», a affirmé l'organisateur de la manifestation, Hassan Kattoua.

Comme à Toronto
Uber a demandé récemment une licence à la ville de Toronto pour exploiter un service de taxi.

«Nous espérons que ce geste sera contagieux», souligne Aref Salem, responsable du transport au comité exécutif de Montréal.

De son côté, le chef des communications d'Uber Canada, Xavier Van Chau, affirme que l'entreprise est ouverte à la discussion.

Source: tvanouvelles.ca
 
 
«Permis de taxi à vendre. Affilié Champlain. Sans voiture, mais avec GPS. 186 000$. Prix négociable.»

Le modèle économique de l'industrie du taxi est absolument fascinant. Avant de pouvoir travailler une seule minute, le chauffeur doit payer une fortune. Et pour assurer sa retraite, il doit s'en remettre aux sites d'annonces classées, comme c'est le cas de cette annonce parue la semaine dernière sur Kijiji.

À Montréal, il y a environ 4400 permis de taxi, détenus par 3800 personnes. Leur nombre est rigoureusement contrôlé et leur valeur globale avoisinerait le milliard de dollars. Aucune autre industrie, par ailleurs très réglementée, n'est ainsi organisée.

Dans le jargon économique, on dit que ces permis agissent comme une «barrière à l'entrée», c'est-à-dire qu'ils bloquent la venue de nouveaux concurrents. Ce système protège le gagne-pain des détenteurs de permis, mais en même temps, il est un puissant frein à l'innovation.

Dans ce contexte, il n'est guère surprenant de constater l'électrochoc que provoque l'arrivée d'Uber. L'entreprise américaine a développé une application de réservation-paiement sur cellulaire qui est révolutionnaire, mais en même temps, elle agit en véritable délinquant.

Uber, faut-il savoir, est utilisée de deux manières, essentiellement. D'abord, des chauffeurs de taxi s'inscrivent au service pour augmenter leur volume d'affaires. Uber agit en quelque sorte comme une centrale de réservation, mais sans détenir elle-même de permis de centrale, ce qui est passible d'une amende de 350$ par course.

Ensuite, des centaines de citoyens ordinaires s'inscrivent comme chauffeurs sur le service UberX pour arrondir leurs fins de mois. Ces chauffeurs d'occasion n'assument pas les frais de financement du permis de 186 000$, ne paient pas d'assurances en sus sur leur véhicule, ne subissent pas les inspections et les vérifications d'antécédents des autorités ni ne possèdent de permis de conduire particulier. Bref, Uber les encourage à agir dans l'illégalité et à faire une concurrence déloyale aux vrais chauffeurs de taxi, dont les revenus sont souvent modestes.

Jeudi, on a eu droit à un nouvel épisode du comportement cowboy d'Uber. L'Agence du revenu du Québec a perquisitionné les locaux de l'entreprise car elle croit qu'Uber ne s'assure pas que ses chauffeurs voient au prélèvement des taxes de vente (TVQ et TPS). L'enquête ciblerait plus particulièrement les chauffeurs d'UberX.

Ce n'est pas tout. Selon une enquête de mon collègue Tristan Péloquin, tout indique que les profits d'UberX échappent au fisc, puisque l'entreprise n'a pas d'établissement stable au Canada, mais plutôt aux Pays-Bas et dans le paradis fiscal des Bermudes.

En tant que chauffeur UberX, Tristan a d'ailleurs constaté que les paiements de ses clients sont versés directement dans un compte des Pays-Bas, une juridiction qui sert de courroie vers les paradis fiscaux. Même ses chèques de paye lui venaient de ce pays néerlandais.

Uber est donc dans la ligne de mire du fisc. Elle subit aussi les foudres du Bureau du taxi de Montréal (BTM), qui a procédé à la saisie d'une soixantaine de véhicules UberX ces derniers mois.

Son application est pourtant révolutionnaire. Les clients peuvent voir sur leur téléphone la localisation précise des taxis Uber, constater leur déplacement vers eux, activer le paiement automatique de leur carte préenregistré et accorder une note au chauffeur. Tout est automatisé et hyper convivial.

Pourquoi défier les règles de l'industrie, alors que l'application à elle seule pourrait lui attirer des clients? Est-ce parce que l'avance dont dispose Uber sur ses concurrents avec son application est trop facile à combler?

Chose certaine, la venue d'Uber secoue un secteur qui est stagnant depuis des années. Elle obligera probablement l'industrie à faire un examen de conscience sur son mode de fonctionnement, ses nombreux règlements, ses principes de tarification et le service de ses chauffeurs.

Le directeur général par intérim du Bureau du taxi, Alain Rochon, admet que «l'industrie doit se redéfinir, prendre un virage et innover, mais en sauvegardant le système des permis en place».

De gros défis en vue, sachant que la concurrence qui apporte l'innovation pourrait en même temps faire baisser le prix des permis, au grand désarroi de leurs détenteurs et des institutions qui les financent.

Source: lapresse.ca
 
 
Des chauffeurs de taxi sont mécontents contre Uber, qui leur fait perdre des clients, alors que d’autres l’utilisent pour arrondir leurs fins de mois.

«Si ce n’était pas d’Uber, j’aurais déjà remis ma voiture par manque d’argent», a affirmé à 24 Heures un chauffeur de taxi inscrit sur l’application depuis qu’elle est en fonction, et qui ne veut pas être nommé.

S’il souhaite conserver l’anonymat, c’est que l’entreprise de taxi pour laquelle il travaille ne permet pas à ses chauffeurs de prendre des clients Uber.

«Ils nous interdisent de faire les deux en même temps, parce qu’Uber vole des clients à l’industrie», précise l’homme dans la cinquantaine, qui est chauffeur de taxi depuis une dizaine d’années.

Il ajoute avoir déjà été pris la main dans le sac une fois et avoir été menacé de perdre son emploi par ses patrons.

500 chauffeurs

Selon Uber, 500 des 12 000 chauffeurs de taxi à Montréal sont inscrits sur le volet UberTaxi à Montréal.

À la différence de la section UberX, qui permet à n’importe qui de se faire payer en échange d’une course, UberTaxi regroupe uniquement des chauffeurs de taxi.

«Ils se sont inscrits pour avoir des revenus supplémentaires», précise Xavier Van Chau, chef des communications pour Uber Canada.

300$ de plus par semaine

De son côté, le chauffeur avec qui 24 Heures s’est entretenu doit louer une voiture associée à un permis pour pouvoir opérer comme taxi, au coût de 550$ par semaine.

Il précise qu’Uber lui permet d’aller chercher entre 200 et 300$ de plus par semaine.

«Aujourd’hui j’ai eu six courses avec Uber, contre deux avec mon entreprise», précise-t-il, interrogé vers la fin de l’après-midi un dimanche.

Le chauffeur travaille donc avec sa radio d’entreprise et son téléphone intelligent ouvert sur l’application Uber, où il peut prendre des courses supplémentaires.

Contre UberX

Mais selon lui, la ville de Montréal devrait interdire UberX, qui coûte moins cher qu’UberTaxi, et s’arranger pour qu’Uber soit en règle.

«Ne prenez pas UberX. Nous, nous avons un permis, notre voiture n’est pas anonyme et nous avons une formation de cinq semaines à l’école du taxi», souligne-t-il.

Ils sont plusieurs chauffeurs de taxi à être plus à l’aise avec la section UberTaxi que celle d’UberX.

«C’est illégal, mais les chauffeurs de taxi tolèrent ça parce qu’au moins se sont des chauffeurs associés à une entreprise. Mais UberX, n’importe qui peut s’inscrire, sans avoir besoin de permis ou d’assurances», souligne Hassan Kattoua, qui a organisé une manifestation de chauffeurs de taxi contre UberX, mardi.

Source: journaldemontreal.com
 
 
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Les chauffeurs de taxi se sont donné rendez-vous près de l'hôtel de ville pour une nouvelle manifestation contre Uber. Photo : Radio-Canada
Les chauffeurs de taxi n'en peuvent plus d'Uber. Ils étaient plusieurs dizaines à manifester mardi à Montréal pour dénoncer une nouvelle fois ce qu'ils qualifient de concurrence déloyale de la part du service de transport commercial UberX.

Les chauffeurs de taxi estiment que le gouvernement et la Ville de Montréal font preuve d'inaction dans ce dossier. Ils reprochent à Québec de ne pas appliquer la loi sur le transport de personnes et de ne rien faire pour empêcher ces « activités illégales ».

UberX permet à des individus de proposer des trajets à des citoyens dans leurs propres véhicules, et ce sans permis.
Même s'ils reconnaissent une petite amélioration pour la saisie des véhicules « illégaux » en vertu de la loi sur le transport des personnes, ils estiment que ce n'est pas assez.

Cela a peu d'impact sur les contrevenants puisque l'entreprise paie les amendes de ceux qui s'improvisent chauffeurs pour Uber. Or, estiment les manifestants, ces derniers devraient être traduits devant la justice pour transport illégal.

Ils rappellent qu'en leur qualité de chauffeurs de taxi, ils sont soumis à une batterie de mesures auxquelles ils doivent se conformer sous peine de perdre leur permis de travail alors que les chauffeurs d'UberX agissent en toute illégalité et semblent peu inquiétés.

« On ne peut pas vivre comme ça, on n'est pas dans une république de banane », lance un manifestant en colère.

« Ce n'est pas une compagnie comme Uber qui va dicter les lois ici au Québec. »— Akli Vassilatos, chauffeur de taxi
Les chauffeurs de taxi veulent que le gouvernement du Québec fasse comme celui de l'Ontario, qui a déposé un projet de loi et qui en est à la deuxième lecture. Le texte prévoit non seulement d'augmenter les amendes jusqu'à 30 000 $, mais aussi d'inclure des points d'inaptitude dans le dossier des chauffeurs fautifs. Ces derniers courent le risque de voir leur permis de conduire suspendu.

Les chauffeurs protestataires reprochent aussi au ministre des Transports et au maire Coderre de ne pas répondre à leurs appels alors que des responsables d'UberX ont des contacts réguliers avec le ministère des Transports.

Source: radio-canada.ca
 
 
Je connais des gens qui ne jurent que par Uber, qui ne veulent plus rien savoir du taxi traditionnel.

C'est vrai que c'est fantastique, le service Uber. Mais la Ville de Montréal refuse d'élargir l'industrie du taxi à Uber, qu'elle considère toujours comme un service illégal.

Je comprends la Ville de Montréal.

Car s'il est vrai qu'Uber et les autres services qui facilitent le covoiturage sont efficaces, c'est aussi une concurrence déloyale pour les chauffeurs de taxi.

Il y a un contrat social entre l'industrie du taxi et la Ville de Montréal. Ce contrat social est simple : les chauffeurs sont l'objet d'un tas de règles (formation, inspections mécaniques, etc.) et la Ville de Montréal fixe des barrières à l'entrée (ne s'improvise pas chauffeur de taxi qui le souhaite). C'est le modèle nord-américain qui a fait école.

C'est un système imparfait qui fait son job de protéger les citoyens en encadrant un service qui permet aux chauffeurs de taxi de gagner leur vie. Le système est imparfait, mais le fait demeure : les chauffeurs acceptent d'être réglementés par le Bureau du taxi de la Ville de Montréal, en échange d'un marché protégé.

Là, avec Uber, les chauffeurs qui ont payé 200 000 $ pour un permis de taxi avec voiture (et qui doivent travailler comme des esclaves pour rembourser la dette rattachée à ce permis) se retrouvent en concurrence directe avec des chauffeurs Uber qui travaillent avec leur propre voiture, pour arrondir leurs fins de mois, sans réglementation.

À sa face même, c'est une situation injuste. À sa face même, c'est une situation que la Ville de Montréal ne peut pas cautionner en cessant de talonner les chauffeurs Uber pour service de taxi illégal, simplement parce qu'Uber est populaire.

Là-dessus, je suis avec les chauffeurs : Uber est un service illégal qui vous livre une concurrence déloyale.

Mais...

Parce qu'il y a un mais. Deux, en fait.

Mais l'industrie du taxi ne pourra pas éternellement se fier à la Ville de Montréal pour la protéger du XXIe siècle. Le piratage de la musique existe, malgré les efforts de Sony et compagnie pour criminaliser les « pirates ». À l'usage, Uber va s'imposer et finira par être encadré, même à Montréal.

Mais l'industrie du taxi ne pourra pas éternellement faire l'économie d'une réflexion sur ses propres défauts. Prendre le taxi à Montréal est une expérience aléatoire et inégale. Le taxi de mon ami Stanley Bastien, porte-parole bien connu de l'industrie, est toujours impeccable, comme celui de plusieurs de ses collègues. Mais trop souvent, j'ai l'impression de m'asseoir dans une poubelle roulante. Je ne suis pas le seul. Un chauffeur Uber ne peut pas se permettre cela : il est évalué par ses clients et ces évaluations sont publiques.

Le conseiller municipal Guillaume Lavoie, de Projet Montréal, qui prône l'ouverture du marché montréalais à des services comme Uber, ne mâche pas ses mots : « Le taxi est une industrie qui a besoin de se prendre en main. Pourquoi autant de gens vont vers des plateformes comme Uber ? Parce que c'est pas vrai que tu peux payer par carte de crédit dans toutes les voitures de taxi, c'est pas vrai que toutes les voitures sont propres. Et qui n'est pas tombé sur un chauffeur qui, dans un poste de taxi, refuse de l'embarquer parce qu'il ne va pas assez loin ? »

En effet...

Quand j'ai parlé à M. Lavoie jeudi, il était à Chicago, après un séjour à San Francisco. Uber et les services connexes ne se sont pas implantés aux États-Unis sans heurt, dit-il, mais dans ces deux villes, ils ont été encadrés, pas interdits. « Et le constat que je fais, c'est que ça rend l'industrie du taxi meilleure, dans ces villes. »

Pour Projet Montréal, la vraie concurrence du taxi, ce n'est pas Uber, ce n'est pas le BIXI ni les services d'autos en libre partage. C'est le Montréalais qui se déplace en auto, c'est le ménage montréalais qui a une seconde auto, croit M. Lavoie.

Ultimement, c'est vrai : moins il y aura de Montréalais qui se déplacent dans leur auto, plus les modes de transport alternatifs - incluant les bons vieux taxis - seront utilisés.

Plus de joueurs, mais une plus grosse « tarte » pour les Uber, les taxis, les BIXI, etc.

Mais dans l'intervalle, c'est l'évidence : les chauffeurs Uber sont une concurrence déloyale aux chauffeurs de taxi parce qu'ils peuvent faire du taxi sous le radar, sans les contraintes réelles, emmerdantes et coûteuses de faire du taxi légalement. C'est injuste.

Je vois que des chauffeurs de taxi tendent des pièges à des chauffeurs Uber, qu'ils dénoncent. C'est peut-être excitant pour eux de jouer à James Bond, et c'est vrai qu'ils ont la loi de leur bord, mais plutôt que d'emmerder les chauffeurs Uber, ils devraient demander aux clients Uber pourquoi ils n'ont pas appelé une bonne vieille compagnie de taxi...

Les réponses risquent de les surprendre.

Source: lapresse.ca