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Michel Sénéchal, de Taxi Diamond, n’ajoute plus de frais d’utilisation de carte de débit depuis quelques semaines. PHOTO BEN PELOSSE
Plusieurs chauffeurs de taxi ajoutent encore des frais de 1 $ pour chaque course payée par carte de débit malgré l’avis des autorités interdisant cette pratique.

Le compteur du taxi a beau afficher 21,50 $, c’est 22,50 $ qu’exige souvent le chauffeur si le client paie par carte de débit.

«C’est pour les frais de transaction», dit-il. Et le client paie le plus souvent sans se questionner, trop habitué par tous ces frais, taxes, suppléments, contributions et extras qui s’ajoutent au prix du billet d’avion, des pneus, du téléviseur, de l’essence, et quoi encore.

Or, dans le cas des frais de taxi, c’est illégal. Le règlement provincial interdit d’ajouter ce type de frais. Pourtant, de grosses entreprises comme Taxi Coop Montréal (325 véhicules), Taxi Champlain (400) et Taxi Hochelaga (plus de 1000) imposent 1 $ pour chaque course réglée avec la carte de débit.

Un petit dollar, c’est peu. Mais quand on les additionne, on constate que ces trois entreprises soutirent environ 100 000 $ chaque mois des poches des consommateurs montréalais, selon les données recueillies par Le Journal. Et on ne calcule pas les extras des petites entreprises et des indépendants.

«Quand les machines sont entrées dans les taxis il y a une douzaine d’années, il en coûtait environ 30 $ par mois en frais de connexion, sans compter la machine et les frais d’environ 12 ¢ par transaction», explique Dominique Roy, président de Taxi Diamond.

Moins cher qu’avant

Mais les choses ont beaucoup évolué, et les coûts diminués. C’est pourquoi les 1000 propriétaires de permis de Taxi Diamond ne facturent plus ce supplément. Les derniers taxis ont été modifiés il y a deux semaines.

«Nous allons remplacer graduellement les machines par d’autres qui n’imposent pas ces frais», promet quant à lui Konstantinos Giannakoudis, président de Taxi Champlain.

«Je veux vérifier pourquoi ces frais sont encore là. Entre-temps, nos clients doivent savoir qu’ils n’ont pas à les payer», ajoute Sylvie Leblond, la nouvelle directrice générale de Taxi Coop Montréal.

Des clients, surpris par ces frais, se sont plutôt fait répondre par des chauffeurs qu'ils n'avaient pas le choix d'imposer ce montant.

Or, les clients ne devraient même pas à avoir à se battre pour s’éviter ces extras.

«Les seuls frais pouvant être ajoutés au montant d'une course sont les frais encourus pour traverser un pont, pour utiliser un traversier ou des frais de péage routier. Un chauffeur de taxi ne peut donc pas charger des frais pour paiement par carte de débit», écrivait en novembre 2013 la Commission des transports du Québec, responsable de l’application de la loi.

C’est la découverte récente de ces frais par le Bureau du taxi et du remorquage de Montréal qui est à l’origine de cette mise au point. «Le Bureau prévoit une amende de 125 $ pour l’ajout de frais», dit Aref Salem, élu responsable des transports à la Ville.

L’envers de la médaille, c’est que le taxi ne peut faire comme le commerce de détail et hausser son prix en fonction de ses dépenses.

La solution au problème? «Augmenter les tarifs de taxi», répond Dominique Roy.

Une chose possible, mais seulement à l’automne prochain, moment où la Commission évalue la pertinence de hausser les tarifs.

Source: journaldemontreal.com
 
 
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Jeff Desruisseaux, left, director of Hailo Montreal and taxi driver John Detcheverry use the new app for cabs in the city while downtown on Jan. 9. Photograph by: Pierre Obendrauf, The Gazette
MONTREAL - Last summer, Montreal cab driver John Detcheverry was sitting at a taxi stand playing on his smartphone when he was approached with an offer he couldn’t refuse.

Detcheverry was invited to join Hailo, a new electronic dispatching application that matches drivers with potential passengers using their iPhone or Android phone.

Detcheverry has been an independent driver since 2000 because he didn’t want to pay hundreds of dollars up front every month to a traditional broker. With Hailo, there were no monthly charges, just a 15-per cent commission off each ride he gets using the app.

Since the service launched in Montreal in November, Detcheverry hasn’t looked back. He said he received many calls from customers using the application over the holiday period, although things have quieted down since then.

“There’s no lose in it. It’s win-win. I just install an app and I can take customers with it,” he said. “I don’t want to pay someone a few hundred dollars a month for calls that may or may not come in.

“This is a pay-as-you-go.”

The arrival of e-dispatch services like Hailo and Uber are shaking up Montreal’s taxi industry.

Independent drivers like Detcheverry are making the switch while other cabbies are abandoning their brokers — or using the apps on the side to pick up extra fares. Meanwhile, traditional taxi companies are complaining the upstarts are honing in on their turf. And the city, which closely regulates the cab industry, is concerned not all the newcomers are playing by the rules.

But for drivers, e-hailing apps are attractive.

Local cab driver Claudy Joseph used to work for a traditional broker company but recently started using Hailo and Uber.

“I switched because it was too expensive,” he said.

In Montreal, taxi drivers can pay anywhere from $300 up to $500 a month for traditional dispatching services and there’s no guarantee how many fares they’re going to make. Plus there’s a lot of overhead for equipment like computers and GPS.

Jeff Desruisseaux, general manager of Hailo Montreal, said the app is bringing about a much-needed modernization of an industry that has been slow to evolve.

To use Hailo, customers download an app on their smartphone with a map that pinpoints their exact location, the location of nearby partnered drivers that are available and the estimated time of arrival of the closest car.

From there, users can summon a car to pick them up at the tap of a button.

Customers register ahead of time with their name and credit card information, so when they get to their destination, they can just leap out because the fare, including tip, is automatically billed to their account.

“I think the taxi industry does need to change, to innovate, and that’s actually why Hailo’s entered the market,” Desruisseaux said. “We feel like we have a solution that lends itself very well to the current situation in Montreal, given the fact the industry hasn’t really evolved in decades.”

Uber is another app that launched in Montreal in November.

“The goal of an application like Uber is to simplify the process of hailing a cab in Montreal,” said Jean-Nicolas Guillemette, general manager of Uber Montreal.


But traditional brokers like Taxi Diamond and Taxi Champlain haven’t rolled out the welcome mat. Some long-existing cab companies have developed apps, in addition to their call-in dispatch services, but still charge drivers the monthly fee.

Yet, some of their drivers may be using Hailo and Uber to get additional fares in violation of exclusivity agreements and posing a potential customer service nightmare.

“It is against the internal rules of the company,” Costa Giannakoudis, president of Taxi Champlain, said. “When you’re with us, you’re serving our clients. You cannot serve the clients of another company.”

The company has advised its drivers they will be terminated if they’re caught using the apps, Giannakoudis said.

Taxi Diamond also has a problem with its drivers working with the e-hailing services. About 10 of its drivers have already left to go with Hailo and Uber.

“We don’t want our drivers to work with another company because it creates a customer service problem,” said Denis Laramée, deputy general manager of Taxi Diamond.

He doesn’t want his drivers to accept calls from their dispatcher and then choose to pick up a customer using an e-hailing app instead.

 
 
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Les conducteurs de taxi de la métropole rencontrés par La Presse Canadienne affirment également que rien n'égal le Nouvel An au chapitre des revenus. Photo Bernard Brault, Archives La Presse
Le Nouvel An a été payant pour les acteurs de l'univers du taxi. Le temps d'une nuit, de nombreux chauffeurs montréalais ont multiplié par trois ou quatre leurs revenus habituels.

Wilson Jean-Paul, vice-président du Bureau du taxi de Montréal, une société paramunicipale, dit que la majorité des chauffeurs ne rateraient pour rien au monde cette soirée fort lucrative.

Depuis deux décennies, il adopte le même rituel. Quelques jours avant la journée fatidique de la veille du Nouvel An, il prépare son taxi, astique les sièges et s'assure du bon fonctionnement du moteur et des freins. «C'est une soirée qu'on ne peut pas se permettre de manquer», a-t-il insisté en entrevue à La Presse Canadienne.

Il a travaillé de 16h00 à 4h00. «Certains vont faire plus d'heures, mais je crois qu'il faut limiter les excès. Il faut protéger la vie des gens et évidemment ne pas conduire fatigué. Il ne faut pas dormir en conduisant», a dit le chauffeur expérimenté.

Les conducteurs de taxi de la métropole rencontrés par La Presse Canadienne affirment également que rien n'égal le Nouvel An au chapitre des revenus.

Cette entrée d'argent est importante, disent les acteurs du monde du taxi, alors que depuis plusieurs années les revenus n'ont cessé de baisser.

«C'est une soirée très occupée pour nous et je peux vous dire que nous l'attendons avec excitation. C'est extraordinaire! Il y a des chauffeurs qui vont faire 500$ pendant cette journée», a révélé Abbas Saïd.

Mais travailler au Nouvel An s'accompagne de son lot de désagrément. «Si en général, ça se passe bien, il y a aussi plus de gens agressifs, des clients saouls et certaines personnes qui vomissent. C'est une soirée intense et un peu bizarre», a ajouté M. Saïd.

Dans la salle téléphonique de Taxi Champlain, les lignes ne dérougissaient pas pendant la nuit du Nouvel An. «Les appels n'arrêtaient pas d'entrer. Ça sonnait tout le temps! Ça a commencé dans l'après-midi et nous avons été extrêmement occupés jusqu'à 5h00», a confié une répartitrice de l'entreprise.

Un seul autre événement se rapproche du Nouvel an en matière de revenus générés pour les chauffeurs. Il s'agit du Grand Prix de Montréal, selon les représentants du monde du taxi rencontrés mercredi.

Plusieurs chauffeurs disent qu'à une certaine époque, les grands congrès pouvaient se transformer en «Klondike» inespéré. «Aujourd'hui, les congrès n'ont plus les mêmes retombées pour les chauffeurs», a dit Wilson Jean-Paul.

Si la soirée du Nouvel An profite à bon nombre de chauffeurs, certains disent qu'un déclin du nombre de clients est néanmoins observable comparativement aux autres années.

«Dans l'est de l'île de Montréal, où je travaille, il y avait de l'ouvrage, mais moins que l'an passé et les autres années. J'étais choqué pendant la nuit de voir que moi et plusieurs collègues n'avions pas beaucoup de clients. Ça semblait rouler plus au centre-ville», a confié Karim Bouzartit.

À l'image de plusieurs chauffeurs, il dit appréhender l'année 2014. «Nous avons eu des promesses du nouveau maire pour notre secteur. Nos attentes sont élevées à son endroit», a dit M. Bouzartit.

Il y a quelque 8500 voitures-taxis à Montréal.

Source: lapresse.ca
 
 
Avec l’arrivée de nouveaux joueurs dans l’industrie, les intermédiaires en service souhaitent rappeler aux artisans du taxi, qu’ils ne peuvent pas être membre de plus d’un intermédiaire à la fois.

Chers propriétaires,

Chers chauffeurs,

L’industrie du taxi traverse actuellement une période cruciale de son histoire. La venue des applications pour téléphone intelligent change la façon de faire notre travail. En soi, nous n’avons rien contre l’innovation et les nouvelles technologies qui permettent d’être plus performants, de mieux servir nos clients et d’augmenter nos revenus si possible.

Toutefois, nous désirons vous mettre en garde contre la tentation de faire des affaires avec des entreprises étrangères qui se placent au-dessus des lois et qui n’ont pas beaucoup de considération pour les acteurs locaux de l’industrie, dont vous faites partie comme propriétaires et chauffeurs.

L’histoire récente de la révolte des chauffeurs de Seattle contre ce genre d’application nous enseigne qu’il faut se méfier de ces nouvelles entreprises qui visent des profits à très court terme et qui basent leur modèle d’affaires sur un pourcentage du prix de la course qu’ils facturent aux chauffeurs et aux clients. Le total de ces deux « commissions » s’élève parfois à 35 % du prix de la course ! Pourquoi leur donner cet argent et la possibilité de contrôler le prix de votre course ? Selon nous, c’est l’équivalent de donner nos richesses naturelles à des intérêts étrangers, au lieu de les garder chez nous et de créer de la richesse pour les Québécois. Dans ce contexte, vous comprendrez qu’il faut bien mesurer les conséquences de servir leurs clients.

L’idée peut paraître séduisante au début et nous comprenons parfaitement le désir de vouloir faire plus d’argent ; nous le voulons autant que vous, mais il faut comprendre le fonctionnement de ces entreprises avant de s’embarquer. Elles désirent bâtir des réseaux planétaires pour s’enrichir aux dépens des artisans locaux, comme vous, comme nous. Il ne faut pas se faire d’illusions, les applications pour téléphone intelligent ne font que changer la façon de commander un taxi ; elles n’apportent pas de nouveaux clients !

Ces joueurs étrangers dépensent des sommes colossales en marketing pour vous séduire. Ils réussiront également à recruter bon nombre de clients, ce n’est qu’une question de temps. Que feront les clients de ces « applications rebelles », si aucune voiture de taxi ne se présente pour les servir ? Ils s’en remettront aux joueurs en place !

Dans un souci d’assurer un meilleur service à la clientèle, nous avons toujours interdit qu’un chauffeur serve plus d’une bannière à la fois. Il en va de même pour le cas présent. En ce sens, nous continuerons d’appliquer les règles en vigueur avec beaucoup de fermeté. Les principales compagnies de taxi du Québec ont décidé de faire front commun et agiront de la même manière pour empêcher l’arrivée de joueurs étrangers qui ne respectent pas les règles établies.Enfin, il est temps plus que jamais de nous mobiliser pour protéger notre industrie.

Nous n’avons rien contre la concurrence, à condition que tous les joueurs impliqués respectent les règlements en vigueur. Nous sommes déterminés à nous battre. L’êtes-vous ? Choisissez le bon camp ! 

Cordialement,

Les compagnies signataires : Taxi Diamond, Taxi Van Medic, Taxi Atlas, Taxi Angrignon, Coop de Montréal, Taxi Hochelaga, Taxi Boisjoli, Taxi Rosemont, Taxi Pontiac, Coop de l’Est, Coop de l’Ouest,Taxi Champlain.

Source: ville.montreal.qc.ca
 
 
Taxi Deluxe Saint-Eustache a reçu une subvention du gouvernement du Québec qui lui a permis de modifier un véhicule pour le transport adapté.

C’est le député de la circonscription de Deux-Montagnes, Daniel Goyer, qui a officialisé le tout à l’entreprise à la mi‑novembre, lors d’un point de presse tenu aux bureaux de l’entreprise, boulevard Arthur‑Sauvé.

Cette subvention de 20 000 $ a été octroyée dans le cadre du Programme de subventions à l’adaptation des taxis et des autocars interurbains pour le transport des personnes se déplaçant en fauteuil roulant. Elle vient couvrir une bonne partie du coût de transformation du véhicule (25 000 $) de type mini-fourgonnette acheté par Taxi Deluxe, a expliqué le président de l’entreprise, Gilles Lacombe. «Nous avons un permis restreint depuis deux ans pour desservir la clientèle handicapée du territoire de Sainte-Thérèse», a‑t‑il dit, soulignant l’augmentation grandissante des demandes de transport pour ce type de clientèle.

Ce nouvel achat fait monter à quatre le nombre de véhicules adaptés en service chez Taxi Deluxe. Cette mini-fourgonnette a été modifiée chez Savaria, à Saint‑Laurent. Le plancher du véhicule a été abaissé et compte maintenant deux rampes d’accès, l’une arrière et l’autre latérale. Le taxi peut ainsi accueillir plusieurs usagers à la fois.

«Cette aide financière est appelée à couvrir les coûts d’adaptation d’une voiture-taxi pour le transport de personnes en fauteuil roulant sur le territoire desservi par la compagnie, a expliqué Daniel Goyer. Cette initiative est à signaler parce qu’elle s’inscrit tout à fait dans l’objectif du gouvernement visant une pleine intégration des personnes à mobilité réduite à la vie collective.»

M. Goyer s’est montré enthousiasmé par l’initiative de Taxi Deluxe «de bonifier son offre de services de transport à la clientèle de personnes se déplaçant en fauteuil roulant, trop souvent laissée pour compte, et je félicite Mme Gisèle Théoret, vice-présidente, de cet engagement corporatif prometteur». On estime que le programme d’aide financière a mené à l’adaptation de 527 taxis et de 62 autocars au Québec depuis 2007.

Le député de Deux-Montagnes a aussi rappelé que le ministère des Transports du Québec est en voie de produire une politique québécoise de mobilité durable qui«aura, entre autres, pour objectifs d’assurer une plus grande mobilité des personnes handicapées et des personnes à mobilité réduite, quel que soit leur territoire de résidence», dit‑il.

«Nous souhaitons atteindre cet objectif par une organisation des services qui répond aux besoins des usagers et par une plus grande adaptation des services de transport en commun, des services de transport par taxi et des services de transport par autocar», a‑t‑il mentionné, précisant, enfin, que cette orientation du gouvernement Marois vient remplacer la Politique québécoise du transport collectif.

Source: leveil.com
 
 
  • M. Joseph Foglietta (chauffeur)
  • M. Arieh Perecowicz (chauffeur)
  • Mme Farla Salmanovitch (propriétaire de taxi)
  • M. Amar Chikh (chauffeur)
  • M. Benoit Vallée (intermédiaire)
SOURCE



 
 
Des chauffeurs de taxi de la couronne nord appuient leur collègue montréalais, Guercy Edmond, qui a roulé sur un jeune homme dans la vingtaine à Montréal il y a une semaine. Ils se disent inquiets de l'augmentation des actes de violence de la part de leur clientèle.

«J'aurais fait la même chose, a confié Réjean Gauvreau, qui effectue ce travail depuis quatre ans. Je n'aurais pas attendu que quelqu'un monte sur ma voiture avant de partir. C'est une situation de panique, il faut sauver sa peau

Ce chauffeur a observé que les agressions sont fréquentes, même s'il œuvre dans une région relativement tranquille. «J'ai reçu quelques menaces, mais je n'ai pas peur. On m'a même craché au visage une fois. J'ai appris à jauger les clients au fil des ans», a-t-il ajouté.

La seule entreprise de taxis sur la Rive-Nord, Taxi 7000, dessert tout le territoire des Basses-Laurentides. Autrefois répartitrice, Martine D'Auteuil a affirmé qu'un événement semblable à celui de Montréal n'est jamais survenu durant ses 30 années de carrière, mais que d'autres types de violence ont eu lieu.

Plus de danger la nuit «Nous avons vécu des hold-up et on a même déjà retrouvé un chauffeur ligoté dans sa valise. Les mauvaises histoires sont plus fréquentes la nuit», a-t-elle raconté.

Un chauffeur occasionnel désirant garder l'anonymat surveille ses arrières lorsqu'il travaille la nuit. «J'ai quand même peur parfois. J'ai déjà eu une altercation avec des clients dans la vingtaine sous l'influence de l'alcool parce que je leur demandais un dépôt à cause de leur état d'alcoolémie très avancé.»

Outre la violence, les chauffeurs déplorent que plusieurs clients ne veulent pas payer leur course. «On n'a jamais endommagé ma voiture, mais c'est fréquent de voir un client se pousser en courant. D'autres demandent à s'arrêter dans un commerce pour aller chercher de l'argent et prennent la fuite par une autre porte», a observé Claude Cadieux qui conduit son taxi depuis 15 ans.

À la Régie intermunicipale de police de Thérèse-De Blainville, le policier Martin Charron affirme qu'il est «difficile de comptabiliser ce genre d'événement parce que nous ne tenons pas compte de l'emploi du plaignant ou de la victime dans nos registres.»

Source: tvanouvelles.ca
 
 
Un conducteur de taxi roule sur l’un de ses jeunes agresseurs le blessant grièvement. Qui est fautif ? La vidéo amateur s’invite maintenant dans les tribunaux. Déjà, des milliers d’internautes ont scruté et commenté les images tristement célèbres de l’incident.

« Saute dessus ! Saute dessus ! » crie un jeune vidéaste amateur qui s’amuse visiblement de la scène qu’il filme.

Sous ses yeux, un chauffeur de taxi dont le véhicule est rué de coups par ses jeunes amis, fuit en roulant sur l’un d’eux, Benoît Kapelli, âgé de 23 ans.

De sa fenêtre, Jonathan Himsworth a aussi filmé les événements survenus, dimanche dernier, au coin des rues Rachel et St-Laurent. Sur YouTube, ses images indigneront le Québec.

« C’est la chose la plus choquante que j’ai jamais enregistrée », écrit sur son blogue celui qui se décrit comme un « fan de journalisme ».

De son côté, le chauffeur de 47 ans, Guercy Edmond, affirme avoir eu peur pour sa vie. Il raconte avoir alerté les policiers quelques rues plus loin.

« Sauvez-moi ! Un groupe d’individus vient de briser ma voiture et ils veulent me tuer », aurait-il crié, complètement affolé.

Légitime défense ? Intention coupable ou accident ? Ces questions seront soumises à un tribunal. Le conducteur a été formellement accusé de voies de fait graves, de conduite dangereuse causant des lésions corporelles, de délit de fuite et de voies de fait armées, son automobile étant considérée comme une arme.

Filmer tout ce qui bouge

Sans les images captées par desnvidéastes amateurs, il aurait été beaucoup plus difficile pour l’accusé de prouver qu’il a été agressé, souligne une avocate criminaliste. « Pour l’accusé, c’est merveilleux. Ces images représentent une preuve directe où il est clair qu’il se fait agresser », affirme Me Julie Couture. Le juge Jean-Pierre Boyer, qui a ordonné la remise en liberté de Guercy Edmond, a qualifié sa détention de « scandaleuse », en reprochant du même souffle à la procureure de la Couronne que des accusations aient été déposées sans que les procureurs aient vu les images.

À l’ère des cellulaires qui filment tout ce qui bouge, les tribunaux seront appelés à travailler de plus en plus avec les preuves vidéo. « Ça commence, mais ce n’est pas complètement nouveau, on avait déjà les vidéos de vol à l’étalage ou de vols dans les dépanneurs. Une preuve claire, ça peut faciliter notre travail », ajoute Me Couture.

L’effet YouTube

Par contre, Catherine Rossi, professeure de criminologie à l’Université de Montréal, se méfie du poids de l’image, notamment sur YouTube, dont l’effet est celui d’un premier tribunal sur la place publique.

« Il y a quelques années, nous n’aurions pas pu juger des images. Aujourd’hui, on a tous l’impression d’avoir été là, tout le monde peut juger et c’est très dangereux », argue-t-elle.

La séquence, qui a été vue par des milliers de personnes, a un pouvoir de fascination irrésistible sur le spectateur, mais également sur celui qui tient la caméra, souligne l’éthicien René Villemure.

« Ça a un côté voyeur dépourvu d’éthique. La caméra du gars qui filme une scène aussi troublante de près ne tremble même pas !

Il ne porte pas assistance à une personne en danger; et même quand son ami se fait écraser, il ne tente pas de calmer l’escalade de coups. C’est odieux ! » tranche-t-il.

René Villemure juge plutôt inquiétant l’effet YouTube qui pousse à filmer au lieu d’agir. « Le premier réflexe du vidéaste était de penser à son vidéo sur YouTube et c’est très malsain. »

Si percutantes soient-elles, les images ne montrent pas tout. Selon le détective du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) qui a témoigné lors de la comparution de l’accusé, avant de se retrouver sous les roues du taxi de Guercy Edmond, Benoît Kapelli aurait frappé le chauffeur, vandalisé son auto et tenu des propos racistes. Le conducteur aurait « délibérément » foncé sur Benoît Kapelli, une première fois, mais a raté sa cible et la voiture a heurté un lampadaire.

L’accusé doit revenir en cour, le 20 juin prochain. D’ici là, le juge a consenti à ne pas restreindre ses heures de travail. Guercy Edmond affirme devoir faire 14 heures de taxi par jour pour arriver à vivre.

Montréal sous tension, mais sécuritaire

« L’incident de ce chauffeur de taxi survient au moment où Montréal est sous tension depuis des mois. Y a-t-il un lien ? La question se pose », croit l’éthicien René Villemure.

Des images aussi fortes d’une altercation entre un chauffeur de taxi et ses jeunes clients peuvent laisser croire que Montréal a perdu un peu de son innocence alors qu’il n’en est rien, soutient Catherine Rossi, professeure de criminologie à l’Université de Montréal.

« Notre perception sociale de la violence est amplifiée par des images diffusées sur YouTube, mais on est complètement dans le champ. On n’a jamais vécu dans une société aussi pacifique, notre taux d’homicide est l’un des plus bas au monde », affirme-t-elle.

Chauffeurs sous pression

Pour les 10 861 conducteurs de taxi qui desservent la métropole, dont 131 femmes, cette histoire n’a rien de rassurant.

« Travailler la nuit est très dangereux », déclarait l’un d’eux au lendemain de la mésaventure qu’a vécue son collègue Guercy Edmond. Cette impression est partagée par 68 % des chauffeurs de taxi qui travaillent la nuit, selon un rapport fourni par le Bureau du Taxi et de remorquage de Montréal.

Ce même document rapporte que des mesures ont permis une importante baisse du nombre de vols qualifiés impliquant des chauffeurs, entre 1986 et 2009, passant de 132 à 57 par année, en moyenne. Trois fois sur quatre, ces vols surviennent entre 22 heures et 6 heures du matin et 1,8 % des chauffeurs sont victimes d’un vol qualifié, soit un incident sur 140 000 courses.

L’environnement de travail montréalais est sécuritaire, indique le rapport et même après 30 ans de pratique, la majorité des chauffeurs ne seront pas victimes de vols.

Source: journaldemontreal.com
 
 
Nearly all of Montreal’s taxi drivers have been stiffed for a fare.

A quarter of them have been robbed outright. Over an eight-year period ending in 2008, an average of 57 Montreal cab drivers were victims of aggravated theft, Montreal police say. According to Statistics Canada, taxi driving is the job with the highest risk of being murdered while at work, with a rate about twice that of police officers. No wonder more than half of this city’s cab drivers say they feel unsafe on the job, according to a 2009 Montreal police survey of taxi drivers. Many of them are unsafe.

They are certainly not alone; taxi driving carries risks everywhere. In Toronto, according to a taxi-drivers association, as many as 70 per cent of drivers feel they are in physical danger on the job, and more than half say they have been physically attacked. In London, according to the British department of transport, three drivers a year are killed on the job. Drivers said in a 2007 survey there that they feel increasingly under attack.

It will be up to Quebec’s justice system to sort out what happened in Montreal during last weekend’s confrontation between cab driver Guercy Edmond and a group of young men – an incident caught on videos posted on YouTube showing the men stomping his vehicle and Edmond driving over a 23-year-old man in what he said was an act of panic to save himself.

It’s clear, however, that taxi driving is a dangerous occupation and that driver safety and security are questions with broad public importance and interest.

Several factors make cab driving dangerous: drivers work alone; they carry money; and their earnings are not high, which means they often accept passengers they might otherwise prefer not to.

In Montreal, the most dangerous time for cabbies is the hour after the bars close at 3 a.m., according to police. It was not a fluke that last weekend’s incident took place on St. Laurent Blvd. close to 4 a.m., and that it involved young people who allegedly had been drinking heavily.

While there are risks for drivers in every city, Montreal cabbies are more physically vulnerable than in many other places. In this city, passengers sit behind drivers with nothing to separate them – unlike in New York or Toronto, where the norm is a Plexiglas window shield between driver and passengers.

Toronto cabbies can also turn on flashing “Call-911” lights to indicate that they need help. Similar lights are being installed on Montreal taxis, though a spokesman for the local taxi industry notes that the lights aren’t visible in daytime.

Other potential safety options for taxis include in-cab closed-circuit television. In one British city, Sheffield, CCTV inside cabs led to a 72-per-cent reduction in incidents of threats and violence against drivers, according to the department of transport. However, the high cost of installing the cameras has worked as a deterrent to more widespread implementation. Sheffield city council paid $11,000 to put cameras in 33 cabs.

In 2009, Montreal driver Abraham Messun was stabbed by a passenger who was trying to rob him. Messun, who survived his injuries, did not have anything in his car that could have served as a protective measure. At the time, there were calls for public subsidies to help defray the costs of installing panic buttons and video security systems. (A spokesperson for a company that sells security systems for vehicles said a top-of-the-line system could run as high as $5,000.) But little has been heard on the taxi-security issue since then – until this past weekend’s dreadful incident.

In contrast to cab drivers, bus drivers have benefitted from an $8.5-million investment by the Société de transport de Montréal in cameras and flashing security lights inside buses. With a much smaller passenger pool than public transit, the cab industry isn’t likely to see the same kind of public investment in individual cabs. But that doesn’t mean the issue of driver safety can be ignored.

There might well be a way of sharing costs so that the financial burden of installing safety features doesn’t fall exclusively on drivers. Certainly an increase in fares to help cover the cost of improving driver security should not be out of the question; fares here are relatively low compared with other cities.

However the added costs are assigned, the taxi industry and government officials must try to find a solution. Taxis are an integral part of the city’s transportation network, and those who operate them deserve to work in safety.

Source: montrealgazette.com
 
 
Surtout la nuit, les travailleurs exerçant un métier les mettant en contact direct avec le grand public - sécurité, santé, commerce, transport - doivent composer avec un certain niveau de risque. Entre 2000 et 2010, quelque 130 personnes ont été tuées au Canada dans l'exercice d'une telle fonction, dont 27 chauffeurs de véhicules publics.
Le métier de chauffeur de taxi - en outre pénible, accaparant et mal rétribué - est sans doute le plus risqué. Il consiste notamment en ceci: faire monter derrière soi, aux petites heures du matin, quelques parfaits inconnus possiblement éméchés, peut-être agressifs, en route vers quelque coin perdu de la ville...

Pour la plupart des gens, c'est la définition d'un cauchemar.

En 2009, la police de Montréal a fait le point sur cette situation après avoir constaté que, chaque année, entre 40 et 76 chauffeurs de taxi étaient victimes de vols qualifiés. Sondés à ce sujet, plus de la moitié d'entre eux ont jugé le métier peu ou pas sécuritaire. Presque tous (97%) ont rapporté avoir fait face à des refus de payer, ce qui, dans 20% des cas, a conduit à une agression physique.

C'est une situation de ce type qui aurait conduit à une altercation entre un chauffeur de taxi, Guercy Edmond, et un groupe de jeunes hommes. L'un d'eux a été grièvement blessé lorsque la voiture-taxi a roulé sur lui. Accusé notamment de voies de fait et de délit de fuite, Edmond a été remis en liberté provisoire, hier, alors que des dizaines de collègues entouraient le palais de justice pour exprimer leur solidarité.

Il est hors de question de juger ici le chauffeur de taxi. C'est le rôle de la justice. En outre, on en connaît fort peu sur l'affaire. Les vidéos horribles que tout le monde a vues n'en révèlent qu'un moment et un aspect, l'incident ayant apparemment débuté plus tôt, plus loin, à l'intérieur même de la voiture.

Quoi qu'il en soit, deux choses paraissent nécessaires.

Un, la police doit scruter le comportement des autres individus impliqués et déterminer s'il y a matière à accusations criminelles.

Deux, tous ceux qui ont un rôle à jouer dans l'industrie du taxi doivent travailler à renforcer la sécurité des 10 800 chauffeurs montréalais.

À la Société de transport de Montréal, on a investi 8,5 millions depuis 2005 (caméras, feux d'urgence, etc.) pour la sécurité des chauffeurs d'autobus, qui courent un peu les mêmes risques. C'est moins simple dans l'industrie du taxi, ne serait-ce qu'à cause du nombre de propriétaires. Et sans doute faudra-t-il imaginer des solutions nouvelles, spécifiques, adaptées.

Mais, chose sûre, c'est tout aussi nécessaire.

Source: lapresse.ca